“Pierre Thilloy, compositeur sorcier …/… organise le chaos, légifère dans le désastre : ce fut la création le 13 septembre d’Exil », sa dixième symphonie en un terrible écho avec l’actualité. Dans la salle fameuse encore hantée par les rites sauvages du « Sacre du Printemps », le public a vécu une expérience rare avec cette fresque puissante, hallucinée, hallucinatoire.”

Christine Ducq / La Revue du spectacle – 22.09.2015
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Né en 1970, Pierre Thilloy commence des études musicales à l’âge de 20 ans, à Nancy, auprès de ses Maîtres en écriture, Noël Lancien, et en composition et orchestration, Jean-Pierre Rivière. Il étudie les techniques de composition auprès du Professeur Alexander Mullenbach, au Conservatoire de Luxembourg et à l’Académie Internationale du Mozarteum de Salzburg, de même que l’esthétique musicale du XXème siècle avec le Maestro Mario Di Bonnaventura. Il débute une carrière internationale avec une première commande pour grand orchestre à l’occasion des dix ans de l’Arsenal, à Metz, sa ville d’adoption, comme il aime à la présenter. Cette commande se traduira par sa deuxième symphonie, L’homme Apocalyptique, pour plus de cent musiciens et deux accordéons. Vient ensuite sa sublime cinquième symphonie, L’Arche d’Alliance, oeuvre avec laquelle il sera lauréat de la prestigieuse Rockefeller Foundation à New-York, et qui consacre à la fois son style impétueux, tellurique, et ses inspirations sacrées, spirituelles, qu’il ne cesse de puiser autant dans la tradition juive que partout ailleurs dans les mythologies du monde.

 

Dès sa deuxième symphonie, le ton est donné, puisqu’elle déterminera son goût pour les grandes formations symphoniques de plusieurs centaines de musiciens, notamment 300 musiciens et choristes, à Metz, pour l’exécution de Mosella, en juillet 2010. Hymne apocalyptique, si l’on peut dire, d’une Europe malmenée par ses trahisons politiques et ses risques d’embrasement. Son oeuvre se compose déjà d’une dizaine de symphonies, une vingtaine de poèmes symphoniques, une trentaine de concertos, un oratorio pour trois orchestres, chœurs et solistes, trois requiems, deux opéras, et un gigantesque opéra-« punk », [ AIR ] où le symphonique rencontre le lyrique et les fantastiques filles de Dakh Daughters de Kiev parmi 250 autres créations à son actif. Certaines de ses créations font la part belle aux arts numériques avec son collectif “kHáOs” qui lui permet d’investir une recherche expérimentale permanente en ce domaine avec la complicité d’artistes de mille horizons.

Finaliste à de nombreux concours internationaux, Reine Elisabeth à Bruxelles, Léonard Bernstein à Jérusalem, Ladislav Kubik aux USA, Pierre Thilloy est lauréat national du Concours Général en Musique en 1990, la F. F. E. M. en 1997, second Prix International « Olivier Messiaen » de la Fondation Guardini de Berlin, et seul lauréat européen de la très prestigieuse Rockefeller Foundation de New York ; Prix des Arts de l’Académie Nationale des Sciences, Arts & Lettres de Metz pour l’ensemble de son oeuvre, Médaille d’Argent de la Société Académique des Arts, Sciences et Lettres de Paris, Grand Prix des Arts de l’Académie Ausone pour son oratorio profane Mosella, entre autres…

Depuis plus de quinze ans, ses très nombreux voyages aux quatre coins du monde et principalement en Inde, en Asie centrale, en Amérique latine et au Moyen-Orient, lui permettent de mondialiser son art et d’internationaliser ses convictions profondes sur l’intérêt pour la paix d’une mondialisation des cultures, en contrepoint salutaire et nécessaire à une globalisation financière hégémonique et coloniale. Nombre de ses créations récentes s’imprègnent de la géopolitique, comme son bouleversant concerto pour violon Khojaly 613. Le drame de la migration et les guerres occidentales en Orient l’inspireront également par le biais de sa dixième symphonie, Exil, aussi tonitruante que l’alarme dont elle se fait le témoin.

Entrant en résonance avec à peu près tout, bourreau de travail jusqu’à l’excès, œuvrant pour d’inépuisables commandes qui rythment l’essentiel de sa créativité, Pierre Thilloy organise, par le menu, depuis 2014, le festival Les 2 mondes, et depuis 2018, le festival Caylus Classique, permettant à des cultures et des civilisations différentes, de se rencontrer. Ses festivals en profitent également pour mettre en scène toutes les facettes du compositeur, qui n’en manque pas, en mettant tour à tour à l’honneur : la musique, toutes les musiques, des plus anciennes aux plus contemporaines, en tous lieux, tous genres, et tous temps ; la gastronomie, la littérature, le théâtre et la danse, le cirque moderne et la peinture, le cinéma, qui se sont déjà vu mettre en musique par ses soins.

Membre associé du laboratoire de recherche ILLE (Institut des Langues et Littératures Européennes – UR4363) de l’UHA et membre de l’Académie des Arts, Sciences et Lettres d’Alsace, Pierre Thilloy a aussi la charge d’un cours sur la coopération culturelle internationale et d’un autre sur le montage de projet culturel à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Haute-Alsace depuis 2013.

 

Investit en faveur de la défense du droit des auteurs, compositeurs et éditeurs en participant activement aux instances du Syndicat National des Auteurs et Compositeurs / SNAC où il intègre le groupement Musiques Contemporaines, Compositeurs instrumentales, Vocales et Informatiques au conseil syndical et siège au nom du SNAC à la Commission auteurs de musique et chorégraphiques à l’AFDAS et à l’ECSA

 

Il continue son travail de compositeur associé étroitement à la diplomatie française en menant de très nombreux chantiers dans des pays tels que le Brésil, les USA, le Canada, l’Ukraine, la Lituanie, la Norvège, le Danemark, la Turquie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, etc…

 

Fondateur de kHáOs / e-collectif, membre fondateur du TRIO TALISMAN, directeur artistique de l’association XANADU, directeur et fondateur de divers festivals : Les 2 Mondes, Caylus Classique, Querelle de(s) Bouffons, Gide & la Musique, La Route Amoureuse des Vins, etc…,

 

Nommé membre de l’Académie d’Alsace en mars 2020, il est depuis le printemps 2020 Artiste Associé et Compositeur en Résidence (labélisé DGCA Ministère de la Culture/SACEM) de la Scène Nationale de Belfort LE GRRRANIT et Compositeur Principal Associé de l’ensemble DODÉCABONE.